Numéro 8

Dans les ruelles du village, nous croisons femmes et hommes… Parfois, nous osons une salutation. Nous partageons un sourire. Nous hélons une connaissance. Nous échangeons quelques civilités d’usage. Nous jouons quelquefois l’accord tacite de l’indifférence. La rue est un espace de lien tout autant que d’absence, de vide. Les trajectoires se croisent, se recroisent sans que les mots ne viennent rompre ce ballet ordinaire. Il faut une circonstance favorable ou parfois défavorable, un grain de sable dans la mécanique bien huilée de nos trajets quotidiens pour qu’un silence se suspende. Les âmes jusque-là errantes prennent la coloration de la vie, l’épaisseur du vécu. Le seuil franchi, les portes s’ouvrent, parfois se referment aussi vite. Bien souvent toutefois, la communication s’établit, un lien se crée.